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Elections de 2020 Le président de la Commission électorale, Newton Ahmed Barry, « fait renaître l’espoir » au Sahel

LEFASO.NET

mercredi 2 octobre 2019

C’est parti (du 1er au 14 octobre 2019) pour le renouvellement des démembrements de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) sur l’ensemble du territoire national. Pour son lancement, ce mardi, 1er octobre 2019, le président de la CENI, Newton Ahmed Barry, a choisi les communes d’Arbinda et Djibo (province du Soum, région du Sahel) pour symboliser l’acte. Au-delà de l’aspect électoral, la présence du président dans cette partie du pays, en proie à de nombreuses attaques terroristes, était surtout porteuse d’un message d’espoir, de cohésion sociale et d’unité nationale.

Elections de 2020  Le président de la Commission électorale, Newton Ahmed Barry, « fait renaître l’espoir » au Sahel

Ces démembrements de la CENI sont la Commission électorale provinciale indépendante (CEPI), la Commission électorale communale indépendante (CECI) et la Commission électorale indépendante d’arrondissement (CEIA, pour les communes à statut particulier de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso). Chaque démembrement est composé de représentants des partis politiques de la majorité, deux de l’opposition politique et deux des organisations de la société civile (le président est choisi parmi ces deux derniers).

C’est pour s’atteler à cette tâche, que les commissaires de la CENI sont donc déployés sur l’ensemble du territoire national. Ils sont assistés des cadres (techniciens) de la CENI.
Pour cette étape du déroulement de son agenda, la CENI a voulu envoyer un message d’espoir à l’ensemble des Burkinabè dans ce contexte difficile que traverse le pays. D’où le choix des communes d’Arbinda et Djibo (région du Sahel), localités sous le poids des attaques terroristes, pour donner le top de départ du renouvellement des démembrements de la CENI.

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Newton Ahmed Barry avec sa droite, le maire d’Arbinda et celui de Koutougou à sa gauche.

« La présence du président de la CENI au Sahel, particulièrement pour cette année, c’est de dire justement que le continuum des droits du sahel doit être maintenu. Il faut que les votes se passent pour que les pouvoirs publics et les pouvoirs élus, au niveau du sahel, puissent se perpétrer pour permettre de représenter les populations. Autrement, le sahel pourrait être une région sinistrée, du point de vue des droits démocratiques ; ce qui n’est pas acceptable », s’est adressé Newton Ahmed Barry aux populations des communes d’Arbinda et Djibo.

Pour le président de la CENI, il faut se battre ensemble, dans la cohésion sociale et l’unité nationale, pour pouvoir sortir des difficultés. « Il faut que nous fassions de sorte que nous ne soyons pas sinistrés institutionnellement, en plus de la sinistrose (sociale) dans laquelle nous sommes déjà », prêche Newton Ahmed Barry, pour qui, la vision de la CENI est de faire en sorte que le symbole de continuum des droits des gens, notamment le droit civique, soit respecté.

« C’est la qualité des institutions et du leadership qui permet de sortir des moments les plus difficiles », galvanise-t-il, justifiant ainsi l’impératif de la tenue des élections en 2020 sur l’ensemble du territoire national.

Le président Newton Ahmed Barry est, de ce fait, revenu dans les détails sur le processus électoral, en formulant également, à cette étape, trois doléances auprès des parties, surtout les acteurs politiques. Le premier plaidoyer a trait à la représentativité des femmes dans les démembrements. « En 2020, selon les statistiques, nous devons avoir dix millions d’électeurs. Dans ce chiffre, nous avons six millions de femmes. Donc, je souhaite et demande aux composantes qui désignent les représentants, de ne pas oublier les femmes. Vous avez deux personnes à désigner : si vous désignez un homme, faites en sorte que la deuxième personne soit une femme. Je vais bien faire ce plaidoyer parce que, même dans les situations les plus difficiles, qui sont ceux parmi nous qui portent le fardeau des difficultés ? En premier, c’est évidemment la femme. Donc, quand vient le moment aussi, que nous pensions à construire, il faut penser aux femmes », requiert le président de la CENI.

Les deux autres plaidoyers sont relatifs à la délivrance massive de la Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) aux personnes en âge de voter (et qui n’en ont pas) et aux stratégies d’enrôlement massif des jeunes sur les listes électorales. « Il est temps que les jeunes comprennent que le choix qu’ils font ou qu’ils ne font pas, les engage. Si vous ne choisissez pas, c’est quelqu’un qui va choisir à votre place et, de toute façon, c’est vous qui avez choisi », interpelle Newton Ahmed Barry.

Les populations déplacées souhaitent voter en étant dans leurs villages respectifs

L’occasion faisant le larron, les populations rencontrées en cette journée ont partagé avec le président de la CENI, la situation qu’elles vivent avant de formuler des doléances aux dirigeants.

« Nous sommes très inquiets parce qu’on se demande comment vont se dérouler les élections avec ces centaines de milliers de déplacés. Qu’est-ce que le gouvernement burkinabè peut-il faire pour ramener ces populations-là dans leur village ? Parlant d’élections…, des villages ont été incendiés et des gens ont quitté chez eux sans le moindre papier. On n’a même plus d’institutions pour nous rétablir les documents d’identité. Le commissariat de police étant fermé, même la CNIB, on ne peut plus l’établir à Djibo. Je profite de cet instant pour demander à nos Forces de défense et de sécurité, de faire un peu pardon par rapport aux populations qui viennent dans les marchés pour chercher de quoi subsister. Il n’y a plus d’administration, où vont-elles avoir des papiers ? Elles ont laissé derrière elles, mil, bétail et papiers. (…). La solution, c’est que chaque responsable administratif s’assume : que les maires reviennent, même si c’est pour s’installer à Djibo, ils peuvent au moins côtoyer la population », se confie un des intervenants à l’étape de Djibo. Ce dernier demande au gouvernement de prendre les dispositions pour un retour de chacun des déplacés dans son milieu d’origine.

« Des neuf communes de la province, il ne reste que Djibo et Arbinda ; il n’y a aucune autre commune fonctionnelle. Il faut que la quiétude revienne. Il faut que le gouvernement prenne la chose (l’insécurité) au sérieux. Moi, je me demande, en tant que citoyen lambda, ressortissant de Baraboulé, si réellement, Ouagadougou est au courant de ce qui se passe ?

Est-ce qu’on leur (dirigeants) rapporte réellement ce qui se passe ? », s’agace cet habitant à l’issue de la rencontre d’échanges avec le président de la CENI. « Il reste encore beaucoup de temps avant les élections, que le gouvernement aide les gens à regagner leur village pour être dans des dispositions pour voter », lance-t-il.

C’est aussi la même peine qui est exprimée par cette coordonnatrice des femmes de la province. « Par rapport aux votes, ça va être un peu difficile parce que la majorité des populations de la province sont à Djibo et à Arbinda, et ce sont des gens qui ont fui et qui sont arrivés sans bagages ni documents d’identité. Même quand on parle d’établissement de CNIB, il faut un extrait d’acte de naissance, alors que ces populations sont parties de chez elles sans rien. Dans ce contexte, comment voter ? Quelle stratégie le gouvernement va mettre en place pour permettre à ces personnes-là de pouvoir regagner leurs localités respectives ? », appuie-t-elle, insistant sur la nécessité pour le gouvernement de prendre « des mesures fortes » pour que les populations retournent d’où elles sont venues.

Au passage, retenons que la province du Soum, dont Djibo est le chef-lieu, compte neuf communes que sont Arbinda, Baraboulé, Diguel, Djibo, Kelbo, Koutougou, Nassoumbou, Pobé-Mengao et Tongomayel.

A la fin de sa journée d’échanges, le président de la CENI résume : « Vous avez vu la souffrance qui est derrière toutes les questions qui ont été posées et toutes les interrogations qui ont été émises. Notre rôle, c’est justement de permettre à ce que les gens ne perdent pas espoir. Et ne pas perdre espoir, c’est de penser et leur réaffirmer qu’ils ont encore leur destin entre nos mains et qu’il s’exprime à travers le fait de faire valoir leurs droits ».

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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