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Aziz Diallo, maire de Dori : « Quand des jeunes se sentent délaissés, c’est la porte ouverte à tout ! »

dimanche 7 mai 2017

Aziz Diallo est député et maire de la commune de Dori. Dans cette interview, il donne les raisons du climat qui règne au Sahel où les attaques terroristes sont presque devenues le quotidien des populations. « A mon avis, nous subissons les conséquences des échecs des programmes de développement que nous avons eu dans notre pays. »A-t-il affirmé. Savez-vous que le seul investissement digne de ce nom réalisé à Djibo date de 1986 ? Bref, le député maire du chef lieu de la région du Sahel donne son point de vue sur la situation nationale et surtout sur la situation de la région en proie au sous-développement et au « grand banditisme » plutôt que terrorisme.

Aziz Diallo, maire de Dori : « Quand des jeunes se sentent délaissés, c’est la porte ouverte à tout ! »

Le marché de Godébou vient de partir en fumée. Quelle sont les conséquences de ce sinistre et quelles peuvent en être les causes ?

C’est un événement malheureux auquel nous avons assisté. Nous remercions le bon Dieu que les dégâts ne furent que matériels. Les conséquences sont graves pour tous ces refugiés qui avaient fait de leurs activités sur ce site leur moyen de subsistance, leur espoir afin de pouvoir mieux s’occuper de leur famille et entrevoir l’avenir ailleurs que sur un site de refugiés. Ce marché n’était pas uniquement pour les refugiés du camp. C’était un point de ralliement pour les populations du village qui abrite le site, mais aussi des populations des villages environnants et même de Dori. C’est dire que c’était un grand centre économique, l’un des plus grands marchés après celui de Dori. Quelques jours avant cet incendie, nous étions en discussions avec le Haut Commissariat des Refugiés (HCR) afin de voir dans quelle mesure accorder un jour de marché officiel à ce site. Nous ne disposons pas encore de chiffres pour mesurer l’étendue des dégâts, mais tout y est resté. En ce qui concerne les causes, nous attendons les résultats de l’enquête en cours.

L’ampleur des dégâts enregistrés en cas d’incendie varie souvent selon qu’on a affaire à des équipements marchands bâtis en matériaux définitifs ou non. En tant que maire, ne pensez-vous pas qu’il y a lieu de repenser l’architecture type de certains marchés ?

Effectivement, nous sommes interpellés quand nous voyons ces incendies. Ce serait important de repenser nos marchés entiers et pas uniquement l’architecture ! Quand nous voyons parfois les produits qui s’y côtoient, bonne architecture ou pas, s’il y a incendie, tout va y passer. La plupart du temps, c’est l’anarchie totale, et c’est souvent après des conséquences dramatiques que nous nous prenons à regretter notre immobilisme. On devrait, en tant que maire, se pencher davantage sur nos marchés, surtout sur ceux dits secondaires.

Vous avez hérité de votre père, feu Hama Arba Diallo, la gestion et l’administration de la mairie de Dori. Quels sont les défis qui se présentent à vous et comment comptez-vous les aborder ?

Je ne pense pas que le mot « hérité » soit approprié, à partir du moment où, après le rappel à Dieu de mon père (paix à son âme), nous avons eu une parenthèse de quelques semaines avec un nouveau conseil municipal élu, puis intervint la dissolution des conseils municipaux, et aux élections municipales de 2016, il y avait quatre partis en compétition pour la mairie de Dori. Nous avons compéti, et notre parti a eu 104 conseillers municipaux sur les 172 que compte la commune. Si c’était un héritage, les choses se seraient déroulées autrement.

Cependant, nous ne nous faisons pas d’illusion. Si les populations ont décidé de nous confier la gestion de la collectivité, c’est grâce au travail monstre qui a été abattu par le défunt. C’était une manière pour eux de lui rendre hommage, et aussi de nous dire que la barre a été placée très haute, les sillons sont tracés, et qu’elles s’attendent à nous voir poursuivre dans cette lancée. Là est le défi. Je n’ai ni les capacités ni les aptitudes de mon père, qui a eu une expérience professionnelle remarquable avant de rentrer définitivement pour s’investir pour sa communauté, pour son pays. Mais c’est aussi une chance pour moi, en tant que maire, d’avoir un model pareil. A priori, pas besoin de réinventer la roue. Il faut suivre ces sillons, être attentif aux besoins des populations, avoir une vision, une bonne gouvernance et s’investir pour l’amélioration des conditions de vie des populations.

Nous avons parcouru tous les villages de la commune pendant la campagne, à la rencontre des populations. Nous les avons écoutées et nous avons une bonne mesure des attentes de ces populations. Nous avons entamé le processus de relecture de notre référentiel communal de développement, et nous envisageons doter la commune d’un outil de planification qui va au-delà des quatre prochaines années, qui sera nommé « Vision Dori 2026 ».

Tout le monde sera associé, tous les villages, les secteurs urbains, tous les acteurs, qu’il s’agisse des ONG, des associations, des services déconcentrés, des partenaires, etc. Il sera bien entendu aligné au référentiel national, le PNDES, et aussi à l’Agenda 2030 de la communauté internationale. Quand le document sera adopté, nous dirons a tous ceux qui viendront à Dori pour travailler, surtout à ces organisations qui excellent dans la mobilisation de ressources et qui viennent s’installer et travailler, en méprisant les autorités locales, que dorénavant, voila ce que les populations de Dori ont élaboré comme outil de travail pour leur commune, et elles s’attendent à ce que tous les acteurs s’en inspirent et s’y conforment.

Vous parlez d’organismes qui travaillent dans la région et méprisent les autorités locales. De quoi s’agit-il exactement ? Est-ce que les populations cibles ou bénéficiaires connaissent le même mépris ?

Dans la ville, dans les villages, nous voyons par ci par là des panneaux indiquant les sièges d’organisations, d’associations, ou des réalisations. Un beau jour, vous recevez une invitation pour participer à une cérémonie autour d’un projet. Vous vous rendez compte en ce moment que des ressources ont été mobilisées auprès de partenaires extérieurs, mais au niveau de la collectivité, vous fouillez et il n’y a aucune trace d’un contact de ces organisations en amont. A mon avis ça pose problème. Si chacun peut s’installer où il veut et faire ce qu’il veut, sans avoir ne serait-ce que la courtoisie de se présenter aux autorités locales, et vous entendez après que tel partenaire a financé tel projet dans votre commune, on se demande à la fin qui s’assurera que les projets sont exécutés comme envisagé, au bénéfice des populations.

Nous ne pouvons interdire ces organisations de rechercher des financements pour mener leurs activités, mais il est nécessaire que tout ceci soit coordonné, pour aussi éviter que les mêmes projets soient financés plus d’une fois.

La question de l’eau potable était en passe de trouver une réponse dans la commune de Dori sous le magistère de l’ancien maire Arba Diallo. Quel était son secret et quelle est la situation actuelle dans la commune ?

Son secret, c’est d’abord qu’il en a fait une priorité, et pas seulement du bout des lèvres. Il y a consacré beaucoup d’efforts, et cela l’a permis de mobiliser des partenaires autour de cette priorité. Il a aussi emmené les populations à comprendre l’importance d’une bonne utilisation de cette ressource. La ville de Dori a un taux de couverture de 100%. A l’échelle de la commune, avec les 78 villages, nous avons un taux d’accès de 68% environ. C’est pas mauvais du tout, mais les défis restent. Nous avons des difficultés en approvisionnement dans la ville. Les installations sont tributaires du réseau électrique, ce qui fait que quand vous avez une coupure d’électricité, les stations de traitement ne fonctionnent pas, et donc pas d’eau. Je sais que l’ONEA y travaille ; nous réfléchissons ensemble sur le renforcement de cette capacité de production et aussi sur l’extension du réseau. Dans nombre de villages, il reste encore beaucoup à faire. Des quartiers se constituent de nuit, et le temps que vous revenez, ils sont peuplés et demandent un forage. Nous y travaillons avec nos partenaires. Nous avons réalisé quatre (04) nouveaux forages ; nous en avons réhabilité 6 autres et réalisé deux adductions d’eau potable simplifiées (AEPS) pour des forages avec haut débit. Nous allons continuer sur cette lancée.

Seriez-vous prêt à enseigner l’expérience de Dori à d’autres communes qui le souhaitent ?

Nous sommes naturellement prêts à partager cette expérience avec d’autres communes. Nous en avons reçu quelques unes depuis que nous sommes là, avec beaucoup de plaisir et nous recevrons toutes celles qui le souhaiteront. Nous comptons aussi aller visiter d’autres communes, pour aussi nous inspirer de leurs expériences dans d’autres secteurs. Notre pays se porterait mieux si nous partageons nos intelligences, nos expériences.

La menace terroriste est présente au sahel depuis 2010. La région du sahel est la cible des attaques terroristes qu’enregistre le pays. Qu’est-ce qui pourrait expliquer ce ciblage selon vous ?

La région est effectivement ciblée par les terroristes. On peut dire que nous subissons un peu les conséquences de la crise chez nos voisins du Mali. Mais au regard des complicités dont semblent bénéficier ces terroristes, on peut dire que le terroir y était favorable. A mon avis, nous subissons aussi les conséquences des échecs des programmes de développement que nous avons eu dans notre pays. Allez voir un peu les villages le long de la frontière et même plus en profondeur. Dans certains endroits, ils vous diront qu’ils ne savent même pas de quel côté de la frontière ils sont ; tellement ils se sentent délaissés. Ils ne voient rien venir, peut-être uniquement en période de campagne électorale. Les taux d’accès aux services sociaux de base sont ridicules et le taux de chômage vertigineux. Quand des jeunes se sentent délaissés, c’est la porte ouverte à tout ! Et cette situation n’est pas propre qu’au Sahel.

Pourtant, l’Union fraternelle des croyants (UFC), une organisation qui prône la tolérance religieuse dans le Sahel, avait entrepris des actions pour prévenir la radicalisation chez les adeptes des différentes religions !

L’Union Fraternelle des Croyants fait un travail remarquable. Je ne pense pas que nous ayons à faire avec un phénomène de radicalisation. Le Sahel burkinabè n’est pas un territoire où ce phénomène peut s’installer. Nous avons une très longue tradition de tolérance, de cohabitation, et cela n’est pas prêt de s’arrêter. Mais les actions des acteurs comme l’UFC doivent être accompagnées avec un développement réel, endogène. La région regorge de richesses. Mais qu’est-ce qu’on en fait ? Allez à Djibo, ils vous diront que le dernier investissement d’envergure qu’a connu la province date de 1986 ! Depuis lors, pas une route, pas un barrage. Rien ! C’est à se demander si nous sommes tous dans la même République.

Le Sahel était connu pour sa résilience légendaire face à certaines catastrophes naturelles telle la sécheresse. Quel est l’état des lieux actuels face au terrorisme ?
Je ne doute pas de la capacité de résilience du Sahel face au terrorisme. Seulement voila, arrêtons de tenter le diable.

Donc vous, vous avez une autre appréhension, voire une compréhension des actes terroristes qui y sont enregistrés ?

A mon avis nous avons plus affaire a du banditisme qu’a du terrorisme. La région est écumée de trafiquants de toute sorte, et ils profitent de la « fertilité » du territoire. Quand on entend parler des sommes d’argent qui circulent, c’est tout sauf de l’idéologie.

Quelle stratégie avez-vous mise en place pour circonscrire la menace qui a déjà paralysé le Soum ?

A notre niveau, nous sensibilisons les populations sur la sécurité. Chacun doit savoir qu’il est le premier acteur dans sa communauté, dans son village, et que le gouvernement ne pourra jamais poster un gendarme devant chaque maison. Nous encourageons les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité, à signaler tout comportement suspect. Jadis, quand un étranger venait dans un village, il devait immédiatement se rendre chez le chef du village et se faire connaitre. Cette habitude tend à disparaitre et ce n’est pas une bonne chose.

Si vous étiez doté d’un bâton magique mais qui ne pourrait résoudre qu’un et un seul problème de la région, sur quoi allez-vous dresser ce bâton et pourquoi ?

L’accès aux services sociaux de base. Nous avons une population qui n’est pas très exigeante. Leur rêve, ce n’est pas d’acheter une voiture ou avoir une maison à Ouaga et cela est valable pour la grande majorité des Burkinabè. Les populations ne cessent de nous dire : on ne vous demande pas du riz, ni du mil. Donnez-nous de l’eau, et le reste, on va se débrouiller. Si nous arrivons à assurer l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation à nos populations, je suis convaincu qu’on aura résolu 75% de nos problèmes. Ce ne sont pas les immeubles luxueux de Ouaga 2000 ou les échangeurs qui nous sortiront de la pauvreté. Décomplexons-nous, et allons vers les réalités.

Vous êtes député et maire. Comment parvenez-vous à assumer la plénitude de tous ces pouvoirs qui vous ont été conférés par les urnes ?

Je rends grâce à Dieu. Tout se passe bien. J’ai la chance d’avoir au niveau de la mairie une équipe très dynamique, jeune, qui a aussi travaillé avec mon père. J’apprends beaucoup avec eux et je suis fier de bénéficier de leur confiance. Nous nous rencontrons régulièrement, nous prenons les décisions de manière collégiale et nous regardons tous dans la même direction, c’est-à-dire la pérennisation des acquis et l’amélioration des conditions de vie des populations. A l’Assemblée Nationale, les choses se passent aussi bien. J’ai la chance de bénéficier de l’expérience et des conseils de nombreux députés. Je leur exprime toute ma gratitude. Cela m’a permis de comprendre le fonctionnement du législatif et aussi de participer. Pour le reste, c’est une question d’organisation, de planification du travail. Je fais souvent la navette entre Ouaga et Dori, mais je m’arrange à ce que mes absences de Dori n’aient pas d’impact sur le fonctionnement, sur le travail.

Entre le député et le maire, dans quelle casquette vous sentez-vous le mieux et pourquoi ?

Je me sens bien dans les deux casquettes, je ne saurai dire dans laquelle je me sens le mieux. Je vois une certaine complémentarité. Par exemple lorsque nous examinions les projets de loi sur la fonction publique territoriale, ou tout ce qui a trait à la décentralisation et au développement même en général, avoir ce regard d’une collectivité territoriale, où nous sommes au contact quotidien avec les populations, avec tous ces défis, est un avantage.

En tant qu’expert des Nations unies et consultant international, vous avez sillonné le monde et vous avez vu des expériences. Pensez-vous que le Burkina Faso est sur la piste du développement ?

C’est vrai que j’ai travaillé dans le système des Nations unies, pendant 15 ans, mais cela ne fait pas de moi un expert ! J’ai eu la chance de travailler dans des contextes assez difficiles, au Liberia, en Afghanistan. J’étais très inquiet pour mon pays, parce que je voyais que nous avons des dirigeants qui ne faisaient que vendre des illusions aux populations. On nous parlait d’émergence pendant que nos populations parcouraient des kilomètres, traversaient des villages pour avoir de l’eau pour boire. Et dans ce genre de cas, le réveil a de bonnes chances d’être brutal. Ce n’est pas très différent de ce qui s’est passé en Sierra Leone, au Liberia. C’est ce réveil des masses, cette indignation qui nous ont conduits à l’insurrection en Octobre 2014.

Quand je regarde les intentions des nouvelles autorités, le PNDES, et les actions qui ont déjà été posées en si peu de temps, on a des raisons d’être confiant. Nous ne pourrons pas corriger toutes les erreurs, tous les manquements des dernières décennies en 2 ou 3 ans. Mais si le Gouvernement pose des actions fortes, prend des mesures fortes qui rassureront les populations sur la prise en compte de leur préoccupation, ces populations comprendront qu’il faut accorder du temps, et que le développement n’est pas un événement, mais un processus.

La première année de votre mandature à l’Assemblée nationale a été marquée par des scandales. Il y a eu d’abord l’histoire des tablettes et ensuite la question du million distribué aux députés en fin d’année. Comment le député Aziz Diallo, qui n’a pas été étranger à l’insurrection populaire des 30 et 31 Octobre 2014 a-t-il vécu ces affaires ?

Oui, notre première mandature a été marquée par ces affaires du million et des tablettes. C’est dommage que ces histoires aient entaché ce que je considère comme une belle première année de législature. Je l’ai dit ailleurs, nos populations devraient être fiers de leur Assemblée nationale, et je le dis au regard du travail qui a été abattu lors de cette première année. Vous avez le bilan en termes de travail effectué, du nombre de projets de lois étudiés, des interpellations du Gouvernement, des efforts en termes de diplomatie parlementaire et même des efforts que les députés ont consentis et continuent à consentir, dans l’esprit de l’insurrection. Voilà que ces deux affaires sont venues ternir ce parcours.

Pourtant, on ne vous a pas entendu à l’époque !

Je n’ai pas voulu m’exprimer publiquement sur ces deux affaires. Si à chaque occasion, tous les 127 députés devaient se ruer vers la presse avec chacun son opinion, on n’aurait plus une Assemblée nationale mais une foire. J’ai privilégié le débat à l’interne, au sein du groupe parlementaire, tout en défendant mes principes. Il nous reste encore beaucoup de travail à faire. Et c’est à nous de ne pas perdre la confiance des populations et de travailler à assumer pleinement nos prérogatives.

Des électeurs de 19 communes du Burkina sont appelés aux urnes le 28 mai pour des élections partielles et complémentaires. Les crises qui ont entrainé la dissolution de ces conseils municipaux ont été provoquées et entretenues par les partis membres de la majorité présidentielle. Pourtant, tous les discours servis à l’occasion du premier anniversaire de l’accession de votre candidat au pouvoir laissaient entendre que tout baigne au sein de la coalition qui gouverne !

C’est regrettable que nous ayons à organiser des élections partielles ou complémentaires, quand on voit le budget qui y est alloué, on se dit qu’il y a mieux à faire avec ces sous. Mais c’est aussi ça, l’apprentissage de la démocratie. Nous avons eu pendant des années affaire à un régime fort, où tout se décidait dans des salons plus obscurs les uns que les autres. On savait d’avance qui allait être conseiller, qui allait être député, qui allait être maire. On demandait, à coup d’espèces sonnantes et trébuchantes, aux populations de se conformer. Les temps changent, et cela fait partie de l’apprentissage. Aux partis politiques aussi, tout bord confondu, de s’investir davantage dans l’éducation et le contrôle de leurs militants, pour que certaines dérives qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’apprentissage cessent.

Après un an d’exercice du pouvoir aussi bien au niveau de l’hémicycle que de l’hôtel de ville, quels enseignements l’opposant d’hier peut-il déjà tirer ?

Au-delà du fait que nous sommes de l’opposition ou de la mouvance, ce pays nous appartient tous, et nous n’avons que lui. Il nous importe de nous investir tous pour que nos populations se portent mieux. Quand on réalise un poste de santé, ce n’est pas pour le pouvoir ou pour l’opposition, c’est pour les populations. Allons vers l’essentiel, ayons plus de courage et d’audace. La classe politique actuelle, post-insurrectionnelle, devra assumer devant un peuple qui est de plus en plus exigeant en matière de bonne gouvernance et de redevabilité. C’est un atout, et c’est à mettre à l’actif de l’insurrection. En tant que dirigeants, nous devons nous y conformer, pour ne pas être surpris un bon matin.

Depuis que le PDS/METBA, votre parti, s’est rallié à la majorité présidentielle, il n’est plus audible. On n’a plus une lisibilité de ses actions et de sa vision ! Que se passe-t-il ?

Notre parti est certes dans la mouvance présidentielle, mais comme nous l’avons dit dès le départ, nous jouons notre rôle dans cette majorité. Nous ne faisons pas de suivisme et nous n’avons pas bradé notre droit à la parole. Le PDS/Metba est un parti très bien organisé, qui a une ligne idéologique à laquelle il est toujours resté fidèle. Qu’importe que nous soyons dans la majorité ou dans l’opposition, c’est cette ligne idéologique que nous devons défendre. Aujourd’hui, nous sommes dans une majorité dans laquelle nous nous exprimons, nous participons à la gestion du pouvoir. Il y a certes du chemin à faire, nous aurions préféré que les choses se passent mieux, mais nous allons continuer à travailler pour améliorer cela.

Interview réalisée par Touwendinda Zongo, in Mutations N° 122 du 1er avril 2017 (mutations.bf@gmail.com)

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